D'un point de vue purement positiviste, l'Homme est le plus mystérieux et le plus déroutant des objets rencontrés par la science. En fait nous devons l'avouer, la Science ne lui a pas encore trouvé une place dans ses représentations de l'univers... L'Homme, tel que la science réussit aujourd'hui à le reconstituer, est un animal comme les autres.
   (Teilhard de Chardin)

   Relier entre elles d'une manière cohérente les deux énergies du corps et de l'âme : la Science a pris le parti d'ignorer provisoirement la question.
    (Teilhard de Chardin)

   Notre génération n'est pas encore arrivée à comprendre l'importance qu'il y a pour l'homme à savoir comment l'humain se rattache au reste du monde.
    
(Teillard de Chardin)
 
 

   
Nous appelons âme ce qui nous anime. Nous n'en savons guère d'avantage, grâce aux bornes de notre intelligence. Les trois quarts du genre humain ne vont pas plus loin et ne s'embarrassent pas de l'être pensant ; l'autre quart cherche ; personne n'a trouvé ni ne trouvera.
     (Voltaire)


 


 

                                                        





 

ENTRÉE EN MATIÈRE ET EN ESPRIT

Révélée par un concours de circonstances, des rencontres hautement improbables, cette théorie, cette cosmogonie, n’est pas le fruit de mon imagination. Je ne l’invente pas, je la découvre. Et il m’a fallu de longues années pour en arriver à cette version concise. Est-ce enfin l’espoir pour moi de la partager avec vous ?

La théorie qui suit éclaire l’Évolution sous un jour nouveau. Elle décrit un processus encore totalement ignoré qui explique le comment et le pourquoi de la complexification du vivant, jusqu’à l’apparition de notre espèce. Pour l’avenir, si nous en avons un, ce même processus nous laisse deviner une toute nouvelle mutation, qui nous métamorphosera en un homme meilleur à l’esprit agrandi et toujours plus conscient.*(1)

Une matière encore inconnue :
   « Le moment est venu de se rendre compte qu'une interprétation, même 
positiviste, de l'univers doit, pour être satisfaisante, couvrir le dedans, aussi bien que le dehors des choses, – l'Esprit autant que la Matière. La vraie Physique est celle qui parviendra quelque jour, à intégrer l'Homme total dans une représentation cohérente du monde » (Teilhard de Chardin).
   
Tout l’édifice de cette théorie repose sur la reconnaissance d’une réalité invisible en trois dimensions, toute aussi matérielle que le corps mais distincte de lui : l’esprit individuel. Tout est matière dans l’univers, même l’esprit. Jusqu’à aujourd’hui, de l’univers, les sciences n'ont étudié que la partie émergée de l’iceberg. Elles ont encore à en explorer la partie immergée, la "masse invisible" (la matière noire), qui occupe la presque totalité. Cette matière noire est, ici, la matière de l’esprit de notre univers. Et, dans les coulisses, ce sont ses lois qui tirent les ficelles.


    Matière noire et matière grise:
    « Il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »
. Surtout rendre à Dieu ce qui est à Dieu, car « On a tant rendu à César qu'il y en a plus que pour lui » (Gide).
   
L’esprit individuel ne fait pas partie du corps. Il ne se condense pas « miniaturisé à l’échelle moléculaire, dans l’ADN des chromosomes… et cela dans chaque cellule », comme l’a écrit le biologiste Pierre-Paul Grassé. Et le cerveau n'est qu'un organe. Le cerveau est comparable au circuit intégré d’un ordinateur et l’esprit à un logiciel.*(2) L'esprit et le corps sont deux structures matérielles corrélées mais autonomes. Les éléments simples qui composent les esprits sont si petits que nous n’avons pas encore les moyens de les déceler. Les atomes de la matière n'ont-ils pas été pressentis dès l'antiquité sans aucune preuve de leur existence ? Et, pas plus accessibles à nos sens l'une que l'autre, l'une et l'autre vers l'infiniment petit, pourquoi la structure matérielle de l'esprit serait plus difficile à appréhender que ne l'est la structure des atomes du corps ? L'absence de preuve n'est pas preuve de l'absence, et c'est bien vers le petit, beaucoup plus loin que les atomes du corps, que nous devons chercher les "atomes de l’esprit".


   Le corps est l'arbre qui cache la forêt :
 «
Le corps humain cache notre réalité, la réalité c'est l'âme » (Victor Hugo). L'esprit existe avant le corps. Il est l'organisation fondamentale de l'être, la première matérialité de toute existence (le premier corps). Même la matière inerte est d'abord faite d'atomes de l'esprit. Les esprits de tous les êtres vivants sur notre planète, reliés dans l'invisible, sont notre « monde de l'esprit ».

Toute vie est langage et tout langage est une forme. « La langue est une forme et non une substance » (Saussure). L'ADN est le support du langage fait de gènes (groupés sur des chromosomes) qui donne forme à chaque corps. De la même façon, la matière de l’esprit est le support des informations du langage qui donnent forme à chaque esprit. Chaque esprit est un "texte" qui le définit, le décrit, raconte son histoire. Et la forme du corps est celle de l’esprit. Tous deux ont obligatoirement la même définition de l’espèce (l’esprit d’un chat n’aura jamais le corps d’un chien).


L’Évolution, c’est la construction des esprits :

« Le but du monde est le développement de l’esprit » (Ernest Renan). Les esprits individuels sont le lieu primordial de l’évolution. Les "textes" des esprits de tous les êtres vivants ne se sont pas formés par magie du jour au lendemain. Nés à l'état le plus simple possible, ils se sont construits à l'insu de leurs individus, en engrangeant toujours plus d’informations captées dans leur environnement. Alors, comment la continuité de la construction secrète des esprits, d'après le sens de l'esprit de notre univers, se ferait-elle à travers les âges sans la réincarnation ? Même les esprits des univers, qui existent à l’infini, se réincarnent (se ré-matérialisent), puisque chacun d’eux fait naître un nombre infini d’« individus-univers » (la Vie, avec un V. majuscule, ne se limite pas à notre univers et celui-ci n’a rien d’exceptionnel parmi les autres). La réincarnation est ici l'élément indispensable à la chimie de la vie, dans laquelle « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». *(3)




L'inconscient et le conscient :
    « Je ne puis saisir tout ce que je suis. L’esprit serait-il donc trop étroit pour se posséder lui-même ? Mais où donc peut se trouver ce qui de son être lui échappe ? En dehors de lui et non en lui ? Mais comment ne le saisit-il pas ? Voilà bien un sujet de grand étonnement pour moi »
(Saint Augustin).
     L’inconscient est beaucoup plus que ce qui en a
été dit jusqu'ici, puisqu'il est pour cette théorie la totalité des esprits, le produit de l’évolution sur terre, de la construction secrète de la mémoire des esprits de tous les êtres vivants. Commencée dès l’apparition de la vie, cette construction attribue une définition particulière à chaque espèce (les esprits des chiens ne font pas les esprits des chats) et, dans chaque espèce, à chaque individu.

Tous les esprits des êtres vivants se construisent d’après le sens de l'esprit de l'univers (le « Grand Logiciel »). Ils font entrer le monde en eux. Et plus ils captent, engrangent de vérités universelles, plus ils se complexifient. Sur terre l’esprit de l'homme moderne est le seul à avoir pu atteindre la totalité de ce sens. Il est le « microcosme intégral » de son macrocosme. Telle est la profondeur de l’esprit humain (profondeur inégalée même par l’esprit du chimpanzé, bien que l’écart génétique entre les deux espèces ne soit seulement que de 1%). Tous les inconscients humains sont faits à l'image de leur univers au point de lui correspondre partie à partie, comme une cellule est porteuse de tout le patrimoine génétique d’un individu, sans en être sa miniaturisation. Ils ont des racines communes reliant tous les individus de l’espèce au savoir objectif, universel. Les mythes, les religions, les philosophies, quelle que soit la façon dont chaque culture les exprime et les fantasmes qui s’y immiscent, sont inspirés par un unique « inconscient collectif ».

« Si considérable qu'elle soit, la différence entre l'esprit de l'homme et, celui des animaux les plus élevés n'est certainement qu'une différence de degré et non d'espèce » (Charles Darwin). Si les esprits des hommes modernes possèdent l'intégralité du sens de l'esprit universel, les autres espèces animales (et végétales) n'en possèdent qu’une partie (plus ou moins importante selon l'espèce). Elles sont des « microcosmes partiels ». Ainsi, outre les informations spécifiques détenues par l'esprit de chaque espèce animale, c’est leurs différents degrés de complexité qui créent la grande diversité du vivant (diversité nécessaire à l'équilibre de la biosphère). Et, selon leur place sur cette échelle de la complexité, ce sont plus ou moins les "programmes" des inconscients (« Programme : Ce qui est écrit à l'avance ») qui, directement, donnent la personnalité et dirigent le comportement (l’instinct) de nos amies les bêtes, en interaction avec l'environnement.

Le conscient, lui, prend peu de place, même chez l’homme. Chacun de nos conscients humains commence son édification quand l’esprit s’incarne (avant la naissance d’un individu) et il l’achève quand l’esprit se désincarne (à la mort d’un individu). Et à chaque fois les dés sont jetés. Nos conscients sont constitués de l'intrication, plus ou moins heureuse, entre la toute petite partie révélée de l’inconscient, l’inné (qui n’est pas fixé dans l’enfance pour le reste de l’existence) et l'acquis (milieu social et culturel, éducation, lectures, événements, rencontres, etc.). Pour chaque esprit, il pourra être d'une vie à l'autre très différent, voire opposé. Bien qu’aucun esprit ne soit identique à un autre dans l’espèce (même chez les jumeaux monozygotes), la personnalité de nos individus (à l'inverse des autres animaux) est surtout faite de ce que nous vivons, faisons, de ce que le miroir des autres nous renvoie (nous pourrions déjà être beaucoup plus, si nos sociétés étaient moins discriminatoires). Quand nous mourons, l’esprit qui fut le nôtre perd l'identité unique de ce conscient, pour en retrouver une toute aussi unique dans la vie suivante.

Personne n'est la réincarnation de qui que ce soit. Chaque esprit a été et sera une multitude d’individus qui, tous, meurent définitivement. Ce que vous êtes, ce que je suis ne revivra pas. Nous disparaîtrons tout de bon. Seuls les esprits, qui n’ont presque rien à voir avec leurs avatars, survivent.

La conscientisation de l’esprit humain :
   
« Le sens de l’histoire est celui de la révélation progressive de l’esprit » (Joachim de Flore). La qualité de « microcosme intégral » permet à l’esprit humain, par introspection et comparaison (la réflexion), d’amener au conscient les informations emmagasinées inconsciemment lors de sa construction, quand elles coïncident avec celles de son environnement. Les révélations des vérités cachées de l’esprit humain sont comme les « réminiscences » platoniciennes : « Le souvenir d’un état antérieur où l’âme possédait une vue directe des Idées, et qui fonde le pouvoir de connaissance des hommes »C’est ainsi que l’homme, aussitôt devenu le « microcosme intégral », de découverte en découverte, élaborait ses cultures, les sciences qui, transmises de génération en génération, lui demandent un si long apprentissage sur les bancs de l’école.

Notre plus belle conquête est celle de nos inconscients, qui possèdent tous les mystères, tous les acquis requis pour appréhender l’histoire de la vie. Mais, pour l’instant, nos conscients sont encore trop étriqués, encombrés, déformés par de fausses idées, des préjugés. Ces idées toutes faites, prêtes à porter, induisent notre subjectivité, source d’erreurs de jugement et de dissensions. Elles limitent l’accès à nos inconscients. Ce qui nous sépare est illusoire, tandis que ce qui nous relie, inaltérable, attend sommeillant au fond de nos esprits d’être réveillé. Tant que nous vivrons, il n'y a aucune raison que la progression (encore imperceptible) de cette conscientisation s'arrête. Plus, même, elle devrait s'accélérer pendant la deuxième phase de l'univers, la phase convergente de l'évolution, grâce à une mutation inédite inouïe qui agrandira nos esprits en les fusionnant !

Les spirales :
   
Le monde de l'esprit est mu par deux forces. (Son langage, qui est le langage originel, universel, est également binaire). Il m’a paru pertinent pour symboliser ces deux forces d’emprunter le taiji , avec son yin et son yang (qui n'existent pas l'un sans l'autre), à la philosophie taoïste chinoise. Le taiji représente tous les « esprits individuels », aussi bien ceux des êtres vivants sur terre que ceux des univers.

Le naturaliste allemand Ernst Haeckel faisait le parallélisme entre le développement de l'individu depuis la fécondation de l'oeuf jusqu'à l'âge adulte (l'ontogenèse) et le développement des espèces au cours de l'évolution (la phylogenèse). Pour cette théorie, ce parallélisme s'applique aussi à la formation de l'univers (la cosmogénèse) et, puisque notre univers n'est pas seul, à la multi-cosmogénèse. Les spirales (voir modèle) expriment le sens commun à toutes ces évolutions. Sens, qui va du plus simple (figure n°0) vers le plus complexe, par l’ajout de toujours plus d’informations. Le dynamisme des esprits est dû à ce petit peu de yin dans le yang et ce petit peu de yang dans le yin qui grossissent, grossissent jusqu'à l'inversion de ces valeurs. Dans chaque cycle, ce mouvement se réalise deux fois.

La figure n°0 de la spirale symbolise la naissance de tous les « esprits individuels » à l’état minimal : naissance des esprits des spirales d’univers (et de leur premier « individu-univers » minimal), naissance de l'esprit de la première forme de vie qui pourra engendrer toutes les espèces à venir sur une planète, naissance des esprits d’une nouvelle espèce (et de leurs premiers individus), naissance des esprits de nouveaux individus dans une espèce.

Les deux infinis complémentaires :
  Il existe un nombre infini de spirales d’univers : une infinité de « spirales d’univers cardinales », de « spirales d’univers collatérales », de « spirales d’univers sous-collatérales », etc. (voir modèle).
Notre univers, avec ses milliards de galaxies, chacune peuplée de milliards de systèmes solaires, incommensurable à nos yeux, n’occupe pourtant qu’une place modeste dans une seule spirale. Et peu importe son degré de complexité, il sera toujours dépassé par des univers plus grands et plus complexes à l’infini. Également, il n'a pas bénéficié d'une "combinaison gagnante" qui a permis l'apparition de la vie. Chaque univers est régi par ses propres lois ne faisant qu'une, par des lois consubstantielles. Chacun a donc son propre sens, qui s'appelle la "vie".

Chaque spirale d’univers commence à la figure 0, à la naissance de son esprit à l’état minimal, avec son premier « individu-univers » minimal (cet état est le plus minimal d'entre tous). Les « individus-univers » d’une spirale (deux par cycle), de plus en plus grands et de plus en plus complexes à l'infini, sont les "réincarnations" (les ré-matérialisations) successives d’un seul et même esprit. L'esprit de chaque spirale fait naître ses « individus-univers » en se ré-marérialisant au big-bang (première phase de chaque univers, celle de son expansion, celle de son agrandissement dans le fractionnement de la multiplicité, de la diversité) et les fait mourir en se dématérialisant (deuxième phase de chaque univers, celle de la réunification des morceaux éparpillés de son esprit agrandi et de la contraction de sa matière jusqu’à une taille infinitésimale).

 

Ainsi, ici, le big-bang n'est pas une explosion. Il est, à la naissance de chaque nouvel « individu-univers », l’instant où la matière héritée du précédent univers, invisible tant elle est comprimée, se dilate, est expansée par du vide, et redevient visible : « L'univers a l'âge irréellement petit de 10-43 seconde... […]. L'univers tout entier est contenu dans une sphère de 1 millième de centimètre de diamètre, la taille de la pointe d'une aiguille » (« LA MÉLODIE SECRÈTE » - Trinh Xuan Thuan). A l’instar de toute vie, chaque univers n’est visible qu’après la matérialisation de son esprit. Et cette matière visible (pleine de vide !) n'en est qu’une infime partie. La matière de l’esprit, la matière noire, invisible, en est la presque totalité.


   
La matière et l’esprit sont deux structures autonomes. Elles ne sont pas composées des mêmes "éléments simples". Dans les trois dimensions de l’espace des univers, dans ce monde en mouvement, les plus petits éléments sont ceux qui forment les esprits. Ils sont bien plus petits que la moindre particule élémentaire de la matière telle qu’elle est définie aujourd’hui. Mais, si l’on en restait là, vers le petit, il n’y aurait pas d’infini.

Pour que, vers le petit, la Vie avec un V. majuscule soit infinie, il faut sortir de l’espace en trois dimensions des univers. S’y révèle un monde immuable encore inconnu, la quatrième dimension, où les "éléments simples" de la « matière-matière » et de la « matière-esprit », extrêmement compressés, ne sont pas séparés. Il existe déjà le mot « monade », tout à fait approprié, pour désigner ces unités : « Monade : Philo. Dans la philosophie ancienne et spécialement chez les pythagoriciens, Unité parfaite qui est le principe des choses matérielles et spirituelles ». Il n’y a pas plus petit et plus dense que les monades. Et elles sont toutes pareilles. Le plus en plus petit à l’infini n’existe pas ici. Ce monde uniforme, monolithique de la densité absolue (le « plein absolu »), hors de l’espace des univers, n’est infini que parce qu’il est fait d’un nombre illimité de ces monades. Tel est l’infini vers le petit, vraiment infini, de cette théorie.

Non seulement, les spirales des univers existent à l’infini, mais vers le toujours plus grand et le toujours plus complexe, chacune d’elles ne s’arrête jamais. Tel est l’infini vers le grand, vraiment infini, de cette théorie. Pour que cette course infinie puisse se faire, c’est à l’autre monde, celui du petit, réserve inépuisable de monades, de délivrer à fur et à mesure, pendant la phase d’expansion - celle de l'agrandissement des univers - des monades supplémentaires (l'univers minimal au début de chaque sirale n'est fait que d'une monade). A la manière des cellules souches qui sont pluripotentes, les monades sont "plurivalentes". Elles se transforment pour s'incorporer à l'organisation unique créée par chaque nouvel univers. Et elles s'y scindent pour alimenter leurs deux structures : d’un côté, les particules élémentaires de la « matière-matière », de l’autre, celles de la « matière-esprit ». La quatrième dimension (le monde immobile totalement dénué de vide du « plein absolu »), est donc le substrat absolument nécessaire aux trois dimensions de l’espace des univers (le monde mobile du contraste du plein sur du vide, celui de la forme).

« Si l'on établit un ordre dans le successif, c'est que la succession devient simultanéité et se projette dans l'espace » (Bergson). Le temps n'existe pas. Il n'y a que l'espace en trois dimensions des spirales des univers dans le monde mobile. Les spirales des univers en évolution constante "sont" l'espace, elles ne sont pas "dedans". Si le temps existait, les spirales des univers ne pourraient pas être infinies, puisque l'espace de leur passé ne serait plus là et celui de leur avenir pas encore là. D'ailleurs où serait passé le passé et d'où viendrait l'avenir ? « Le temps, cette image mobile / de l'immobile éternité » (Jean Baptiste Rousseau). Sous leur apparente mobilité, les spirales des univers sont là de toute éternité, comme sont figées les 24 images d'une pellicule cinématographique reproduisant le mouvement en un seconde.

« Création : Action de donner l'existence, de tirer de néant ». Impossible ! Car, « L'idée du néant absolu, entendu au sens d'une abolition de tout, est une idée destructrice d'elle-même, une pseudo-idée, un simple mot (...) » (Bergson). Le vide ne peut "être" que relatif au plein. Rien ne naît de rien. Tout nait de Tout. Les spirales des univers et le « plein absolu » n'ont pas surgi du vide. L'infinité de ces deux mondes nous dit qu'il n'y a rien d'autre, qu'ils sont là depuis toujours et pour toujours. Ils n'ont pas commencé, ils ne finiront jamais. Rien n'est extérieur à ces deux infinis. Rien ne peut y entrer, rien ne peut en sortir. Ils sont "Tout ce qui est". Et, en eux, tout se crée, tout se perd en se transformant. Ainsi, si la Vie avec un V majuscule est, sans avoir été créée, alors la « non-création » est la « création absolue » ! Le mystère de la « non-création » ou celui de la « création », c'est du pareil au même. Reste quand même la dernière des dernières questions : « Pourquoi ya-t-il quelque chose plutôt que rien ? »*(4)








NOTRE UNIVERS ET NOTRE TERRE



     Et maintenant revenons dans notre petit univers, revenons sur terre.
    « La science nous a appris que nous partageons avec toute la matière de l’univers une histoire commune, que nous sommes les enfants des étoiles, les frères des bêtes sauvages et les cousins des jolis coquelicots champêtres. Elle nous dit aussi que nous portons tout l’univers en nous, que nous sommes indivisibles de lui » (« LA MELODIE SECRETE » - Trinh Xuan Thuan).
   
Chaque univers a un sens intrinsèque porteur de vie, qui n’a rien à voir avec celui des autres univers. Le sens de chacun est celui des parties, et les parties sont indissociables du tout. Chaque univers a aussi son propre destin qui est l'histoire événementielle de tout ce qu’il contient. Faits à son image, nous appartenons à notre univers, nous n’en sortirons jamais, et les sens des autres, en tout temps, échapperont à notre entendement. Tous les êtres vivants de notre univers sont unis dans une seule et même famille.

Déterminisme et hasard :
 
Tous les sens et toutes les histoires d'univers existent à l'infini avec le « plein inépuisable de monades plurivalentes » et « l'infini récursif de la diversité ». Et, rien n'y est impossible ! "Tout existe". Ce qui ne se réalise pas dans un univers doit obligatoirement se réaliser dans d’autres univers, et ce, à l’infini. Chaque univers n'est qu'une fraction de « l'infini de la diversité », qu'une fraction de l'Être absolu. Les deux infinis ne laissent aucune place au hasard à l’échelle pluri-universelle.

En revanche, dans chaque univers, tout n’est pas possible. De plus, tout ce qui y est possible ne se réalise pas forcément. Les lois de l'esprit et de la matière donnent la forme, la personnalité, le sens de chaque univers, sens d’après lequel toutes les vies en lui se construisent. Cette construction est le déterminisme. Mais, même dans le déterminisme, le hasard n’est pas absent (par exemple, nous n’avons sans doute sur terre qu’un petit échantillon de la diversité possible dans notre univers). Ainsi, dans chaque univers, le hasard est ce qui se produit et qui aurait pu ne pas se produire, ou bien, ce qui ne se produit pas et qui aurait pu se produire.*(5)

Tout le monde sait que le hasard est l'auteur de l’apparition de la vie sur terre. Entre autres conditions indispensables, elle est la seule planète du système solaire placée à la distance idéale de sa bonne étoile et elle serait stérile sans cette coïncidence. Est déterminée en grande partie ce que la vie sur terre est, mais est contingent, et même miraculeux, qu'elle soit.

La disparition de la vie, aussi, est souvent le fruit du hasard : « …lors de certaines extinctions de masse, les rescapés ne se signalent par aucune adaptation particulière » ou « …la rencontre impromptue de notre planète avec un astéroïde ou une comète géants aurait pu éteindre d'un seul coup toute trace de vie sur terre ».

Le hasard règle le rythme de l'évolution. « Le rythme de l'évolution est contingent. On observe fréquemment dans les lignées évolutives des périodes plus ou moins statiques, suivies de phases d'accélération... ». La complexité sur terre pourrait être moindre. « L'apparition des mammifères semble bien tardive... […]. En fait, elle aurait pu se produire encore plus tard, ou peut-être pas du tout ». Ceux-ci, et donc l’homme aussi plus tard, ont profité des places libérées par l’extinction des dinosaures, jusqu’alors colonisateurs de toute la planète. (Citations : Louis de Bonis)

Les deux phases :
   Quand l’esprit de la spirale s'apprêtait à donner vie à
notre « individu-univers », il n’y a pas que lui qui était invisible, l’était aussi, tant elle était dense, comprimée, la matière que nous devions hériter de la mort de l’« individu-univers » précédant le nôtre. L’esprit de la spirale, tout en se matérialisant (rendant de nouveau la matière visible), se fractionnait afin de pouvoir se recomposer, se ré-agencer en une toute nouvelle organisation spécifique à notre « individu-univers ». Et pour qu'il soit plus grand et plus complexe que celui qui l’a précédé, notre univers recevait des monades provenant de ce monde, de cette source intarissable hors de son espace. Elles apportaient à l’esprit et à la matière de nouvelles particules élémentaires. Ainsi se déroulait la première phase de notre univers, celle du foisonnement de la vie sur les planètes prédisposées à son éclosion.

Notre univers est à la fin de sa première phase, la phase de la prédominance de la matière sur l’esprit. Il est au maximum de sa matérialisation, de sa multiplicité, de sa diversité. (Notre terre également, bien que sa (noo-bio)diversité soit déjà en majeure partie détruite par les activités humaines.) Notre univers s'est considérablement agrandi, complexifié, par l’apport de nouvelles monades, mais son esprit est morcelé et dispersé.

Pendant la seconde phase de l'univers, l'esprit s'épanouira et la matière se retirera, s'effacera. La seconde phase sera celle de la prédominance de l’esprit sur la matière, du retour à l'unité, de la fusion, de la convergence. Réunifier l’esprit de notre univers fragmenté, pour lui redonner son intégrité, tel va être son rôle. Et ce nouveau tout exprimera bien plus que la somme des parties qui le constituera. L’esprit de notre univers sera de plus en plus cohérent. A l’inverse, sa matière se contractera, se ré-densifiera, jusqu'à l'ultime trou noir global. Notre univers se désincarnera, se dématérialisera. Sa matière (de nouveau invisible) et l’esprit de la spirale seront revenus au point de départ de la première phase d’un prochain univers qui sera encore plus grand et plus complexe. Sur terre aussi devrait avoir lieu la convergence, le retour à l'unité. Si l'humanité survit à son inconséquence, comme déjà dit, une mutation défiant toute imagination devrait réunifier ses esprits en les fusionnant. Et cette fusion des esprits obéira aux lois de la Physique, comme le fait déjà celle des galaxies.

Une construction pyramidale :
   « Toute chose dépend de toute chose », quelques cinq cents ans avant J.C., Héraclite l’avait déjà compris. Microcosme de son univers, le vivant sur terre est comme lui, un être unique, un individu. Son évolution résulte d’une construction globale des esprits individuels, selon le modèle de leur univers, à partir d'une seule forme de vie élémentaire. Et l'ensemble de la vie dans cette harmonie, sous l'action de la première phase de l’évolution de l’univers (la divergente, celle de l’expansion, de la diversité, de la multiplicité), occupe tout l'espace, fait preuve de beaucoup d’ingéniosité pour exploiter toutes les possibilités. En se construisant, les esprits prévoient, pré-adaptent la place de leurs corps par rapport aux autres espèces dans la biosphère. Ceci nous montre que tout se tient, que le vivant (avec le non-vivant) est une unité indivisible.*(6)

Le faîte de la pyramide du vivant n’existerait pas sans sa base, les espèces les plus complexes (les moins nombreuses) sans être supportées par les plus simples (les plus nombreuses). Nous ne constaterions pas cette cohésion, cette coordination du vivant, si l'apparition de chaque espèce était fortuite.

Avec la construction des esprits individuels, pour la première fois, nous avons une explication à ce qui conduit le vivant vers toujours plus de complexité, à ce qui donne la puissance de création et la direction de l’évolution. Cette thèse n’est-elle pas nettement plus satisfaisante pour l’esprit que celle de l’intervention du bon vouloir du hasard (le "mauvais vouloir" étant corrigé par la sélection naturelle) ?

L’arbre du vivant : 
  
L'évolution sur terre est donc celle d'une unité qui se déploie en de multiples expressions, à partir d'un germe primitif unique. Cette théorie s’en tient à la bonne vieille métaphore de l’arbre avec son tronc dressé et réfute l’hypothèse du buisson sans queue ni tête qui a le vent en poupe de nos jours.

Le tronc de l’arbre (l’unique spirale cardinale présente sur terre) figure la colonne vertébrale, l’axe de l’évolution, la seule voie pouvant mener à l’apogée de la complexité prévue par l’univers à la fin de sa première phase : au « microcosme intégral » (l’homme moderne). Directement ou indirectement, tous les autres embranchements proviennent de lui, et jamais ils ne le dépasseront ni même ne l’égaleront en complexité. Leur évolution, des plus grands aux plus petits sans exception, a été refrénée dans l'état de complexité dans lequel ils étaient au moment de leur naissance.

Ainsi toutes les espèces qui sont nées des ramifications du tronc de l’arbre de l’évolution lorsqu’il était simple sont restées simples. Nos plus proches parents, les singes anthropomorphes, qui en sont nés en dernier juste avant l’hominisation, sont les espèces les plus complexes après la nôtre (mais jamais ils ne deviendront des hommes). Il faut que, pour l’équilibre de la biosphère, tous les degrés de complexité soient représentés sur terre.

Les entités dyadiques :
    Dans la spirale, pour les univers, le
taiji est le symbole d'un seul esprit, mais il n'en est pas ainsi pour les esprits individuels des espèces sexuées les plus évoluées sur terre. Un signe représente deux esprits individuels. Nés en même temps (figure 0 d’une spirale), les deux esprits n'existent pas l'un sans l'autre. Incarnés à cet instant, dans notre espèce, le côté yang sera celui d’un homme et côté yin celui d’une femme. Les esprits de chaque couple détiennent tous deux une même empreinte qui préserve leur appartenance mutuelle. Nous sommes comme les Androgynes de la mythologie grecque : « Androgyne : Être humain imaginaire, morphologiquement double (quatre bras, quatre jambes, une tête à deux visages). Les Androgynes tentèrent de chasser les dieux de l’Olympe ; après leur échec, Zeus les coupa en deux pour les punir : une moitié devint l’homme, l’autre la femme, vouées à se rechercher toujours pour se réunir à nouveau ».

Nés d'une autre entité (les esprits naissent des esprits), les esprits d'une entité sont séparés dans la vie incarnée, car les corps naissent des corps. Ils se retrouvent ponctuellement dans la mort (aux figures 1-3-5 etc.) pour échanger les informations récoltées et pour mettre au monde une nouvelle « entité », comme eux-mêmes l’ont été par une autre entité. L’esprit yin étant devenu yang et l’esprit yang yin (voir spirale), le sexe de leurs individus est inversé quand ces esprits repartent chacun de leur côté dans la transmigration. (Tous les esprits de notre espèce ont vécu l'expérience de Tirésias. Et, au masculin ou au féminin, ils sont avant tout des êtres humains. La moitié des hommes ne sont-ils pas des femmes ?)

La naissance des espèces :
   
Sur notre planète, l’évolution partit de vies aux esprits simples (et aux organismes simples) pour, bien plus tard, parvenir aux langages complexes des esprits des mammifères (aux organismes complexes). Quand une espèce avait atteint un certain stade d’évolution, elle était vouée à l’extinction. Mais, avant de disparaître totalement (plus ou moins lentement), elle engendrait les premiers individus d’une nouvelle espèce plus conforme aux nouvelles connaissances acquises pendant son évolution.

La naissance d’une espèce n'était autre que la naissance de ses premières « entités » (les plus âgées aujourd’hui*(7)), à partir de sa « première entité » qui, seule, définissait l’espèce à venir. Et toutes les espèces naissaient, soudainement, lors des « sauts évolutifs ». Ces derniers ne se réalisaient que par une seule sorte de mutations : les « évolutives ». Cette théorie rejoint ici une thèse paléontologique intitulée la « Théorie du Jardin d'Éden » : « Toutes les nouvelles espèces semblent prendre naissance à partir d’une souche ancestrale, au sein d’une population marginale isolée dans une région relativement petite, par apparition brutale d’un nouveau génotype qui se fixe rapidement. Ensuite, les nouvelles espèces élargissent leur aire de répartition par migration » (« UNE FAMILLE PEU ORDINAIRE » - Jean Chaline).*(8) Les « mutations évolutives » font partie du mécanisme de l’évolution qui, tout en préservant tous les degrés de complexité nécessaires à l’équilibre de la biosphère, conduit le vivant du simple vers le toujours plus complexe. Les « mutations évolutives » ne sont en rien accidentelles.*(9)

Si la vie sur notre planète est une unité qui se déploie en de multiples expressions, c’est qu’elle est totalement née d’un seul germe, d’une unique entité. Ce germe initial est la première et plus vieille « entité de la terre », la cardinale (fig. 0 de l’unique spirale cardinale de la terre).

La « première entité de la terre » est aussi la « première entité humaine », puisque seul le tronc de l’arbre (la spirale cardinale) a pu engendrer le microcosme intégral, même s’il n’était pas forcé qu’il aille jusque-là. Si l'hominisation n’était pas inéluctable, elle était parfaitement programmée :  « L'intelligence réfléchie n'est que le résultat d'un processus engagé depuis des milliards d'années » (Louis de Bonis).*(10)

La « première entité de la terre » a édifié le tronc de l’arbre de l’évolution des racines à la cime et mis au monde toutes les « premières entités » de ses premières ramifications. A chaque fois, cette première entité cardinale faisait naître une nouvelle espèce cardinale plus évoluée (dont elle devenait la première entité) et, en même temps, la toute nouvelle « première entité » d’un embranchement (fig. 0 des spirales collatérales A). Ces spirales collatérales, ces "branches mères" (« Branche mère : Arbor. Qui pousse directement sur le tronc »), dont l’évolution serait bridée dans l’état de complexité dans lequel était le tronc de l’arbre au moment de leur apparition, se ramifiaient à leur tour (spirales sous-collatérales fig. B), et ainsi de suite. Cette arborisation correspond dans la nomenclature des sciences naturelles aux phylums, classes, ordres, groupes, familles, espèces.

Les sauts évolutifs :
 
Entre deux sauts évolutifs, aussi bien dans le tronc de l’arbre du vivant que dans n’importe quel embranchement, tous les esprits d’une espèce acquéraient de nouvelles connaissances en plus de la définition obtenue au dernier saut évolutif. Cette récolte des informations, plus ou moins fructueuse, dépendait en grande partie de l’environnement plus ou moins favorable dans lequel ils vivaient.*(11) Les corps aussi, en se dispersant, étaient soumis aux diverses influences environnementales, au point de se demander un jour : font-ils encore tous partie de la même espèce ? A un certain stade de l’évolution de l’espèce, il fallait la remplacer. Un saut évolutif s’imposait.

Il y a eu, certainement, beaucoup plus de sauts évolutifs que ne le laissent supposer les fossiles. Et les mêmes règles s’appliquaient, sans exception, à toutes les divisions et subdivisions du vivant. Comme cela a été décrit précédemment pour la « première entité de la terre »,  la « première entité » de l’espèce obsolète devenait celle de la nouvelle espèce plus évoluée. De la même manière qu'une cellule se divise dans la mitose, c'est par la reproduction à l'identique des esprits de cette seule entité que naissait, dans la "noosphère", le petit groupe d'esprits nécessaires au départ de la nouvelle espèce plus évoluée. Également, avant de repartir pour le prochain saut évolutif, cette entité mettait au monde une entité toute neuve, qui serait la première entité d’une nouvelle ramification, dont l’évolution serait refrénée dans l’état de complexité de ce moment.

Avant chaque saut évolutif, l’espèce souche (divisée en sous-espèces) était donc un vivier très hétérogène dans lequel il y avait des groupes d'individus ayant déjà partiellement les caractères biologiques des deux espèces à naître : des pré-espèces. Deux couples y seraient sélectionnés, chacun dans un groupe d'individus qui n’avait rien à voir, la plupart du temps, avec celui de l’autre. Leur rôle se bornait à enfanter les premiers nouveaux corps des premières entités de nos deux nouvelles espèces ; premiers corps qui, eux-mêmes, transmettaient les nouveaux caractères évolutifs aux corps qu’ils procréaient. Non porteurs des nouvelles mutations évolutives, ces parents biologiques mouraient corps et âmes avec les autres individus de l'espèce supplantée par les nouvelles. Chaque « saut évolutif » créait toujours deux nouvelles espèces (parfois plus) et en condamnait de façon certaine une ancienne.* (12)

En effet, privées de leur locomotive (les esprits de leur première entité), les espèces souches perdaient leur faculté à faire naître de nouveaux esprits, et, à plus ou moins longue échéance, s'étiolaient puis mouraient (il ne reste plus aucun de ces ascendants). L'extinction des espèces souches, remplacées par de plus évoluées, fait partie du processus de l’évolution décrit par cette théorie. Il serait erroné de voir dans ce phénomène l’intervention de la sélection naturelle.

Si les espèces souches meurent nécessairement par une loi de l’évolution, les espèces peuvent aussi mourir accidentellement, quand, pour une cause ou pour une autre, leurs esprits individuels n’ont plus de corps pour s'incarner. Alors, l’agencement des éléments du langage qui forme et qui définit ces esprits se désintègre. Ces éléments redeviennent de simples éléments simples. Comme les atomes du corps, ils sont recyclés. La mort d’un individu est la décomposition irréversible de son corps. La mort d’une espèce est celle de tous ses corps, entraînant celle, également irréversible, de tous ses esprits individuels. Tous les jours des espèces meurent (presque toujours par la faute de l’homme). Seuls, les esprits des spirales des univers sont immortels. S’ils ne l’étaient pas, il n’y aurait pas d’infini vers le grand.

Un autre monde est possible :
   Le temps des naissances des espèces par des « sauts évolutifs » est révolu. L’homme moderne ne disparaîtra pas après avoir fait naître de nouvelles espèces. Cependant, son état actuel n’est pas une finalité et il va poursuivre son évolution.

La première phase de l’univers a été celle de la prédominance de la matière sur l’esprit, de l’inconscient sur le conscient, celle de la divergence. Nous abordons la seconde phase de l’univers, celle de la prédominance de l’esprit sur la matière, du conscient sur l’inconscient, celle de la convergence. Chassant le mouvement qui a disséminé le vivant aux quatre coins du monde, mais n'interrompant pas le sens de l'évolution vers toujours plus de complexité, arrive brusquement l’époustouflante toute nouvelle mutation : la fusion des esprits individuels !

 Toute la pluralité du vivant est née de l'unique « première entité de la terre », c'est à partir de cette même unique entité que toute la pluralité du vivant va se rassembler, qu'elle va acquérir son unicité. La fusion débutera (ou a débuté) par les plus vieux esprits de notre espèce. Les autres suivront à la cadence des générations, selon leurs places dans la filiation de la famille humaine.

Les esprits d'une entité (ce "tout" coupé en deux à sa naissance) ne vont plus se reproduire et échanger simplement leurs informations, comme quand ils se rencontraient dans la mort lors de la première phase (aux figures 1-3-5 sur la spirale). Pendant la deuxième phase, ces esprits vont s'interpénétrer l'un l'autre (de la même façon que fusionnent les gamètes dans la fécondation) pour ne faire qu'un (aux figures 2 et 4 sur la spirale). La reconstitution d'une nouvelle entité (un couple) exigera les fusions simultanées de deux anciennes entités (deux couples). Les marches de l'escalier de l’évolution de la seconde phase de l’univers nous les monterons quatre à quatre. Et chacun de ces deux esprits agrandis retournera dans les cycles des réincarnations.

L'amour qui rassemble les esprits en les fusionnant est la force du monde de l'esprit homologue à la force gravitationnelle du monde physique, « L'amour qui meut le soleil et les autres étoiles » de Dante. De cette fusion de deux « âmes sœurs » émergeront de nouvelles qualités inattendues, dont les esprits séparés étaient dépourvus. Rien d’autre que cette mutation ne peut accomplir ce prodige. Désormais, cet amour de l'âme, déclaré par Roxane, a une raison que la raison ne peut plus ignorer. Il a un dessein s'inscrivant dans le destin de l'humanité, de même que la sexualité a celui de perpétuer l'espèce. L'amour de l’âme cache une loi universelle, une loi de l'évolution.*(13)

Comme notre univers, l'humanité est une unité éclatée et désordonnée. Avec la fusion, la deuxième phase va rassembler les connaissances amassées par tous les individus pendant la première phase. Il y aura de moins en moins d'esprits, mais, en chacun, de plus en plus de connaissances. De nouveaux liens se créeront pour les structurer, leur donner du sens, en faire la synthèse (et plus nous serons allés dans les recoins de la vie, plus il y aura eu de diversification, plus la synthèse sera riche). Relier les connaissances entre-elles, c'est comprendre. Plus nos esprits comprendront, plus ils se conscientiseront, peut-être, jusqu'à ce qu’ils deviennent entièrement conscients ! Alors pourquoi craindre de perdre ce qui a fait la richesse du passé ? De penser que la convergence va aboutir à l'uniformanité, serait dénier l’évolution. Nous nous unissons, nous mettons nos forces en commun, pour aller plus loin dans l’exploration de la vie, de notre univers. Le cosmos ne s'ouvrira que devant un homme qui aura découvert la « vraie Physique » de Teilhard de Chardin, les lois de la « Noosphère ».

Comme l’esprit de notre univers, nos esprits humains vont se désincarner. Deux esprits et un seul corps, c'est déjà plus d'esprit et moins de matière. (Depuis son invention, la miniaturisation croissante du matériel informatique, alors que pourtant dans le même temps ses capacités augmentent, préfigure ce mouvement.) Les corps sont-ils voués à disparaître ? Si oui, affranchis de la réincarnation, nos esprits vivront-ils cette immortalité bienheureuse promise depuis si longtemps ? Combien vivrons-nous de vagues de fusion ? Jusqu'où nous entraînera cet incroyable phénomène ? L'est tout autant ce qu'il laisse présager : tous les esprits humains fusionnés en un esprit unique !

La description de la mutation de la fusion, je ne l'ai retrouvée nulle part ailleurs. Sa perception a été plus qu'un élément indispensable parmi les autres à l'élaboration de cette théorie. C'est elle qui m'imposait l’existence concrète et autonome de l'esprit individuel, et par-là me montrait le lieu essentiel où se déroulait l'évolution. Elle me disait aussi que le mouvement d'expansion de l'univers, qui avait dirigé le vivant vers la multiplicité, la diversité, allait s'inverser.

De l’hominisation à l’humanisation :
    « 
Après le processus de l’hominisation, il nous faut poursuivre celui de l’humanisation » (Patrick Viveret). Il est difficile d’imaginer le nouvel homme car, quand nous pensons, nous oublions l’évolution, nous oublions que, si nous en savons plus qu’hier, nous en savons bien moins que demain. De cet homme futur, nous ne sommes qu’une ébauche grossière. Personne ne l’a mieux dit que l’humoriste Pierre Dac : « Le chaînon manquant entre le singe et l’homme, c’est nous ! ».

L’humanité manque singulièrement d’humanité. Je ne vous apprends rien, le mal l’emporte toujours sur le bien. Plus que jamais, de nombreux malheurs nous guettent, jusqu'à notre extinction peut-être. Il faut bien le dire, la première phase de l'évolution, la divergente, bien qu’elle n’ait pas manqué d’attraits, a été le règne des rivalités, des divisions, des déchirements, outre celui de la confusion. Pendant cette phase, nous n'avons guère agi pour les intérêts de l'espèce. Nous n'avons pas cessé de nous faire la guerre et, si nous pouvions calculer l'énergie perdue en ces luttes intestines, nous serions honteux. Faire ce constat, n’est pas nous excuser ou nous accuser, c’est seulement admettre que ces sentiments sont dépassés et qu’il faut nous en débarrasser.

L’action de la première phase de l’univers explique (mais ne justifie pas) notre égoïsme, car ce n'est pas l’oisiveté la mère de tous les vices, et, à l'image des 3000 à 4000 langues répertoriées, nos difficultés à communiquer (métaphore de la Tour de Babel). Et si les hiérarchies, les rapports de force entre les dominants et les dominés semblent utiles dans les sociétés animales, le sont-ils dans les nôtres ? Pour l’espèce humaine, les lois de la jungle, celles du plus fort, sont-elles une nécessité ? Trop d’esprits humains sont méjugés, dépréciés par des vies médiocres, et pis encore, par des vies à désespérer de tout. La misère est un frein à l’œuvre collective qu’est l’évolution humaine.

De nos inconscients, qui recèlent tous les secrets de la vie, juste une petite parcelle est passée aux conscients. Tel est le gaspillage des talents de nos esprits. Savoir que des moyens cachés sont bloqués, non utilisés au fond de nous, devrait nous inciter d’ores et déjà à modifier nos mentalités. Que l’homme ne bafoue plus, non pas ce qui fait sa prééminence, mais ce qui fait sa spécificité : la conscience d’avoir un conscient et un inconscient. Il est le seul être vivant apte à s’observer, à pouvoir diriger sa vie pour l’améliorer. Voilà ce qui nous distingue des autres espèces et nous assigne à une place particulière. Celle-ci n'est pas un gage de supériorité. Elle n'exige de nous que devoirs et responsabilités. Nous sommes à même de constater que bon nombre de nos actes ont un retentissement planétaire délétère. La terre ne nous appartient pas. C'est nous qui lui appartenons. Elle est, isolée dans des espaces inhospitaliers, notre matrice, notre oasis, notre arche de Noé.

Faudra-t-il attendre l’effet du nombre ? Faudra-t-il attendre que les nouveaux esprits, plus grands et conscientisés, soient portés par un nombre significatif d’individus, pour que ce vieux monde cruel actuel cède le pas au nouveau ? Pourtant, même si l’avenir est déjà écrit, parce que le temps n’existe pas, il n’y a aucune raison que cela annihile notre volonté à œuvrer, dès aujourd’hui, pour un monde meilleur. Cette théorie n’annonce pas une nouvelle humanité certaine, mais seulement possible. Faisons en sorte que "ce qui est écrit" soit notre intelligence à savoir sauvegarder notre irremplaçable planète.

L’union fait la force. Notre avenir ne se fera que par notre capacité à partager, à nous solidariser, à nous entraider. « Si nous n’arrivons pas à vivre ensemble comme des frères, nous mourrons ensemble comme des imbéciles » (Martin Luther King). La stimulation de notre évolution n'est pas la compétition. Elle est les associations, la coopération. N’attendons pas passivement les bons offices de la fusion pour que l'équité soit enfin une vertu humaine. Luttons contre les régressions. Allons au-devant de ce moment où les idéaux les plus hauts ne seront plus des utopies, mais des évidences qui s'imposeront spontanément. Ne remettons pas à une autre vie, ce que nous pouvons faire dans celle-ci.

Si nous savons nous préserver jusqu’à ce que le processus de la fusion soit suffisamment engagé, nous quitterons le monde de l’avoir, du paraître, pour entrer dans celui de l'être. Nous vivrons l’ère de la véritable spiritualité, même si nos esprits ne vont pas jusqu’au bout de leur fusion, de leur désincarnation, de leur conscientisation, même si nous ne devenons pas « l’Homme total dans une représentation cohérente du monde » de Teilhard de Chardin. En gestation au fond de nous à notre insu dès notre apparition, ce « Règne de l’Esprit » ne serait-il pas dommage de le gâcher ? D’autant que nous avons vécu le plus dur.*(14)

N’ayons aucune nostalgie, l’enfer est sur terre depuis très longtemps, l’éden n’est pas derrière nous mais devant. Le réconfort, la lumière, dont nous avons tous besoin, nous les trouverons au sein même de notre espèce. Notre nouvelle intelligence chassera le mal avec l'obscurantisme. Surtout, ne me dites pas que le bien n’existe que relatif au mal, ne me dites pas que le bonheur ne se ressent que par rapport au malheur et que la vie sera insipide. Ce raisonnement appartient au passé. Il n'aura plus cours dans l'avenir. Les critères de nos esprits, en toutes choses, ne seront en rien comparables à ceux de maintenant. Ces lendemains qui, si nous le voulons, pourraient chanter, aucun de nous à présent ne peut un tant soit peu les concevoir.


  Seul le futur donnera tort ou raison à cette théorie. Seules les sciences l’infirmeront ou la confirmeront. Par ce chemin, si ce qu’elle dit dans les grandes lignes est vrai, tôt ou tard, nous parviendrons à ses déductions. En attendant, pour ceux qui comme moi la reconnaîtront, c’est une chance que le hasard, des circonstances exceptionnelles l'aient fait naître avant son heure. Ne nous unit-elle pas tous, au delà des cultures, dans l’universel ? L’immense espoir qu’elle laisse entrevoir n’apporte-t-il pas une perspective, un sens à nos vies ? La nouvelle mutation, la fusion des esprits n'ira pas plus vite pour autant, mais un homme averti n'en vaut-il pas déjà deux ?