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La cohésion du vivant exigent que toutes les espèces aient leurs places et leurs fonctions dans le plus ou moins complexe, dans le plus ou moins grand, le plus ou moins petit jusqu'au microscopique, de la même manière qu’elles l’ont dans l’eau, sur la terre et dans l’air, dans les règnes végétal et animal, en tant que prédateurs ou proies (ou en tant que charognards et nécrophages). Ce milieu qui fournit les informations est, pour chaque espèce, en plus du règne minéral, des éléments, du climat, les espèces qui l'entourent, celles qu'elle côtoie. En se construisant, les esprits anticipent, prévoient les futures mutations évolutives. Ils pré-adaptent les espèces pour qu’elles s’ajustent (avec une certaine tolérance) les unes aux autres dans chaque biotope. Et les biotopes s'agencent pour constituer la biosphère. Dans cette dernière, composée d'après le modèle de l'univers, y circulent des échanges aussi complexes que les métaboliques d'un organisme de mammifère.

La pré-adaptation :
   Ayant pour modèle l'esprit universel, la construction des esprits ne se fait pas n'importe comment, même si elle n’est pas exempte de ratés, même si le hasard dans les interactions avec l'environnement y a un rôle non négligeable. L’esprit anticipe :
« N’oublions pas que les mutations actuellement neutres peuvent avoir de l’intérêt pour l’avenir, dans la mesure où elles correspondent à une pré-adaptation, à de nouvelles conditions d’environnement encore inconnues » (« UNE FAMILLE PEU ORDINAIRE » - Jean Chaline). Les premières informations récoltées décident de celles qui seront captées ensuite. Elles donnent une direction, un potentiel évolutif qui sera utilisé ou pas. Par exemple, de l’astucieuse trompe, l’ancêtre de l’éléphant en était dépourvu, pourtant elle était déjà prévue (même s’il n’était pas obligatoire qu’elle paraisse).

    Bien entendu, tout ne saurait être au mieux dans le meilleur des mondes. Garder sa place au soleil n'est pas chose aisée. La girafe aurait peut-être disparu si l’allongement de son cou n'avait pas été prévu. Ce défaut de pré-adaptation aurait pu être considéré comme une
« pré-sélection naturelle ». Mais, y voir une faiblesse de l’espèce en question n'est pas dans l'esprit de cette théorie. Les brusques changements du milieu peuvent prendre de court le plus prévoyant des esprits, avoir raison de son don d’anticipation.

De même, dans la conquête d'un territoire, des concurrences paraissaient inévitables. Là aussi, impliquaient-elles une supériorité d'une des parties ? Ne mettaient-elles pas encore en jeu les sauvegardes de la diversité ? Tels êtres vivants qui ne survivaient pas, à un moment donné, à une situation donnée, n’auraient-ils pas survécu à des conditions totalement autres et, à l’inverse, ceux qui ont survécu n’auraient-ils pas disparu ? Ces cas de dialogues inopérants avec l’environnement devraient être, tout autant, à imputer aux circonstances, à de mauvais destins.

Le cloisonnement des espèces et les hybrides :
   Ce qui définit une espèce dans le monde biologique est l'interfécondité des corps de ses individus. Ce qui définit une espèce dans le monde de l'esprit est l'interchangeabilité des esprits de ses individus.

L’interfécondité des corps est impossible s'il n'y a pas interchangeabilité des esprits (les esprits des chiens et des chats ne pas interchangeables). Cependant, il semble qu'il y ait beaucoup plus d’espèces "biologiques" que d’espèces "spirituelles", que de très nombreuses espèces proches pouvant s'hybrider ne fassent qu'une sur le plan de l'esprit. La différence de la définition de leurs esprits ne doit pas être beaucoup plus grande que celle qui existe entre les individus d’une seule et même espèce extrêmement diversifiée (les sous-espèces). De plus, il doit y avoir des espèces non interfécondes, qui ont aussi des esprits individuels interchangeables.

Quant aux chiens et aux loups, c'est encore plus simple. Les chiens étant des loups domestiqués (transformés morphologiquement par l'homme), tous deux sont indéniablement une seule et même espèce. L’esprit qui était celui d'un loup pourra être dans la vie suivante celui d'un teckel ou d'un chihuahua ! Ceci nous montre combien les esprits sont entravés, conditionnés à chaque incarnation. Et chez les animaux les qualités physiques sont primordiales.


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