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Les jeunes et les vieux esprits humains :
   Notre espèce dénombre des esprits aussi vieux qu’elle et de jeunes quasi définis comme l’étaient ceux à l’apparition de l’espèce. Mais, jeunes ou vieux, tous ont les particularités de l'espèce qui les rendent tous capables d'apprendre et de comprendre les mêmes choses. Plongés directement dans des conscients collectifs construits par ceux qui les ont précédés, les esprits nouvellement incarnés, pour combler leur retard, absorbent rapidement énormément de connaissances, comme les écoliers ingurgitent, en quelques années, une culture résultat d'une évolution plusieurs fois millénaires.

Dans la succession des naissances des esprits, il n’y a pas de prééminence des vieux sur les jeunes. Les parents ne sont pas supérieurs à leurs enfants. Il n’y a pas de lutte pour le pouvoir dans le monde des esprits, pas de suprématie. Leur diversité n’existe que pour leur unité. Elle n’est pas la marque d’inégalités. Dans nos sociétés, telles qu’elles sont (et ont été), les vieux esprits ne sont pas mieux éclairés que les autres. Jeunes ou vieux esprits, dans l'homme, il n’y a encore que de l’ignorance, une surestimation de ses connaissances. Et rejetons le dérisoire et dangereux culte de la personnalité. Être génial est le fruit du hasard et, en somme, n'est nullement méritoire. Selon les caprices de la fortune, tel esprit qui a été brillant en son temps ne l'a pas été avant et ne le sera plus ensuite.

Vous qui lisez ces lignes, ne cherchez pas à savoir si vous avez un jeune ou un vieil esprit, ce serait peine perdue. Il n'y a pas de "grandes âmes" (les vieilles) réservées aux individus exceptionnels et de "petites âmes" (les jeunes) aux ordinaires. L'organisation qu'un esprit crée à chaque incarnation ne se produit qu'une fois et elle meurt définitivement avec l’individu. Il est de vieux esprits inhibés et de jeunes amplement exprimés.

Plus les esprits sont vieux, plus ils sont denses, concis, aptes à la synthèse. La sagesse, la spiritualité sont, a priori, le propre des vieux esprits et non celui des vieux individus. N’y a-t-il pas des vieillards inconséquents et de sages jeunes personnes ? Cela dit, les vieux esprits ne sont pas les élus de la vie. Et leurs sorts ne sont pas enviables. Ce sont eux qui, en défrichant l’accès au chemin de la connaissance, en déchiffrant les premières énigmes, ont pâti des temps les plus durs de l’histoire de l’humanité. Si nous nous donnons les moyens d’y parvenir, des jours meilleurs nous attendent. Au bout du compte, les jeunes esprits auront eu moins à endurer. Sur le chantier de l'évolution humaine, les derniers ouvriers embauchés (« Les ouvriers de la onzième heure ») recevront le même salaire que les premiers.

En cas de destruction massive des corps d’une espèce, non programmée par l’évolution, la donne génétique en est appauvrie, mais ce sont les plus vieux esprits qui se réincarnent en premier (sauf s’ils font partie des survivants naturellement). Tant que le dernier des derniers corps d'une espèce vit, ses esprits individuels sont en attente dans la noosphère. L'espèce meurt, quand il n’y a plus de corps, par la désagrégation de ses esprits individuels.